DANS UN SILENCE presque absolu, plus d'un millier de personnes ont arpenté hier après-midi les rues de Villiers-le-Bel en mémoire de Mouhsin et Laramy, un an après leur mort. Le 25 novembre 2007, ces deux adolescents de 15 et 16 ans ont été tués dans la collision de leur minimoto avec une voiture de police. Derrière le véhicule où se trouvent les parents des défunts, le cortège s'étoffe à mesure qu'il traverse les quartiers. Partis de l'avenue Pierre-Sémart à 14 heures, les habitants de Villiers-le-Bel et de Sarcelles, toutes générations confondues, marchent deux heures durant derrière les portraits des deux victimes. Pas un seul policier n'est visible. Encadrés par les membres de l'association Vérité justice de Villiers-le-Bel, à l'origine de la manifestation, ils entament un véritable pèlerinage sur les différents lieux fréquentés par Mouhsin et Laramy. Du collège de Mouhsin à l'institut des métiers de l'artisanat où Laramy suivait une formation en alternance, en passant par la bibliothèque Louis-Jouvet incendiée, le rassemblement se poursuit sans le moindre incident. Le groupe s'arrête quelques instants au pied de la longue barre d'immeubles où habitait Laramy avant de rejoindre la ZAC Derrière-les-Murs-de-Monseigneur et le lieu du drame. « Si seulement votre mobilisation suffisait pour les ressusciter... » A16 heures passées, en arrivant devant la plaque qui vient d'être apposée en leur mémoire, les parents s'effondrent en larmes et les organisateurs prient la trentaine de journalistes présents de ne pas les filmer. Avant de poursuivre leur marche, les participants se recueillent face aux portraits déposés devant la plaque, entourés de gerbes de fleurs. Ils réclament ensuite cinq longues minutes de silence que seuls les sanglots et le bruit des avions perturbent. « Si seulement votre mobilisation suffisait pour les ressusciter... » souffle un proche, la gorge nouée. Assa, la soeur de Laramy, prend le relais. « Depuis un an, plein de choses se sont passées. On espère que justice sera faite. Il y a eu des réussites, certains ont eu des diplômes... Des moments que nous ne connaîtrons pas avec Mouhsin et Laramy. » Elle a également une pensée pour « ceux qui sont dans la case prison », évoquant les jeunes interpellés dans le cadre des émeutes qui ont suivi le drame. La jeune femme insiste surtout pour que les membres du cortège « rentrent chez eux dans la paix et la sérénité ». « On ne veut pas que les événements de l'année dernière se reproduisent. Il faut que tout se termine bien car c'est important de préserver le lieu où on habite. » Un message de paix relayé par le maire (PS) de la ville. « La perte d'un enfant ou d'un frère est une blessure qui ne se referme jamais, compatit Didier Vaillant. Tous les quartiers, toutes les générations, toutes les cultures sont réunis. Nous devons être solidaires. »